
Lorsqu’une entreprise souhaite créer une web application, la première étape est souvent associée à l’interface : les écrans, les couleurs, les boutons, les menus, les animations.
Pourtant, avant de concevoir une interface, il faut d’abord savoir ce que l’application doit permettre de faire.
Une web application peut comporter plusieurs profils d’utilisateurs, des droits différents, des règles métier, des états, des conditions et de nombreux cas particuliers. Sans une vision claire de ces interactions, le risque est de concevoir une interface séduisante mais difficile à utiliser, voire de découvrir trop tard certaines contraintes fonctionnelles.
Chez Astraga, nous considérons donc la matérialisation des parcours utilisateurs et des spécifications fonctionnelles comme une véritable phase de conception. Elle intervient en amont de l’UI et du développement pour transformer les besoins métier en une expérience concrète et compréhensible.
Une application web n’est pas une succession d’écrans.
Derrière chaque écran se trouve une action : consulter une information, créer un élément, modifier une donnée, effectuer une demande, valider une étape ou transmettre une information à un autre utilisateur.
Et derrière chaque action peuvent se cacher plusieurs scénarios.
Un utilisateur connecté n’aura pas nécessairement les mêmes droits qu’un administrateur. Une information pourra être disponible dans un état mais inaccessible dans un autre. Une action pourra nécessiter une validation ou déclencher une étape supplémentaire.
C’est cette logique qu’il faut comprendre avant de commencer à dessiner.
Le parcours utilisateur permet justement de représenter cette logique.
Plutôt que de rester dans une description abstraite des fonctionnalités, on matérialise les différentes étapes traversées par chaque profil utilisateur. On peut alors visualiser les points d’entrée, les actions possibles, les choix proposés et les différentes issues d’un parcours.
Cette représentation permet surtout de rendre visible ce qui était jusque-là implicite.
Une fonctionnalité qui semblait simple peut révéler plusieurs cas particuliers. Une étape peut s’avérer inutile. Deux parcours peuvent partager une même logique. Une information peut devoir être accessible à plusieurs moments du processus.
Le travail UX commence donc bien avant la première maquette.
Les parcours utilisateurs permettent de comprendre l’expérience. Les spécifications fonctionnelles permettent ensuite de préciser le fonctionnement attendu.
Elles décrivent ce que l’application doit faire, dans quelles conditions et avec quelles règles.
L’objectif n’est pas nécessairement de produire un document technique extrêmement complexe. Il s’agit surtout de disposer d’une référence suffisamment précise pour que les différentes parties prenantes partagent la même compréhension du produit.
Cela devient particulièrement important lorsque plusieurs métiers interviennent sur le projet : client, chef de projet, UX/UI designer, intégrateur et développeur.
Chacun peut alors s’appuyer sur une même base pour discuter du fonctionnement de l’application.
Commencer directement par les maquettes graphiques peut donner une impression de rapidité.
En réalité, cela peut déplacer les problèmes plus loin dans le projet.
Une contrainte fonctionnelle découverte au moment de l’UI peut nécessiter de revoir plusieurs écrans. Une règle métier identifiée pendant le développement peut remettre en question un parcours entier. Une mauvaise compréhension d’un rôle utilisateur peut entraîner des modifications importantes de l’interface.
À l’inverse, lorsque les parcours ont été travaillés en amont, la conception UI peut se concentrer sur son véritable rôle : rendre le fonctionnement de l’application clair, efficace et agréable à utiliser.
L’interface devient alors la traduction visuelle d’une logique déjà réfléchie.
Le prototype constitue une étape particulièrement intéressante entre la réflexion fonctionnelle et l’interface finale.
Il permet de simuler les interactions et de parcourir concrètement l’application avant que celle-ci soit développée.
C’est une approche que nous avons notamment expérimentée sur un projet d’application web pour la Fédération Sportive de la Police Nationale. La conception s’est appuyée sur plusieurs parcours utilisateurs correspondant aux différents profils de la plateforme. Plusieurs itérations du prototype ont permis de faire évoluer progressivement les choix fonctionnels et ergonomiques avant la réalisation de l’interface.
Cette logique permet de tester une idée avec les utilisateurs et les équipes projet avant d’engager les phases de production.
Plus une erreur est détectée tôt, moins elle coûte cher à corriger.
La complexité d’une web application apparaît souvent lorsqu’elle doit répondre à plusieurs profils.
Un même système peut proposer des expériences très différentes selon que l’on est utilisateur, gestionnaire ou administrateur. Les fonctionnalités accessibles, les informations affichées et les actions disponibles peuvent varier considérablement.
Il devient alors difficile de concevoir une interface cohérente si l’on ne dispose pas d’une vision globale des différents parcours.
La représentation des parcours permet de mettre ces différences à plat et de rechercher ensuite des logiques communes. Elle aide également à éviter un travers fréquent : concevoir chaque fonctionnalité indépendamment, puis essayer de les faire fonctionner ensemble.
C’est un point important.
Le parcours utilisateur n’est pas simplement un document destiné au designer. Il constitue une base de travail pour l’ensemble du projet.
Il permet au client de valider la logique métier, au designer de concevoir les interfaces, au développeur de comprendre les comportements attendus et au chef de projet de mieux identifier les dépendances et les éventuels points de complexité.
Il joue donc un rôle de liaison entre les besoins métier, l’expérience utilisateur et la réalisation technique.
Chez Astraga, nous privilégions cette approche progressive pour les projets applicatifs.
Nous commençons par comprendre les besoins et les différents profils utilisateurs. Nous matérialisons ensuite les parcours, identifions les fonctionnalités et précisons les règles nécessaires au fonctionnement de l’application.
Ce travail permet ensuite d’aborder le prototypage et la conception UI avec une vision beaucoup plus précise du produit.
L’interface n’est plus le point de départ. Elle devient l’aboutissement d’une réflexion sur les usages.
Une web application réussie ne repose pas uniquement sur une belle interface ou sur une technologie adaptée.
Elle repose d’abord sur une compréhension précise de ce que les utilisateurs doivent pouvoir faire et de la manière dont le système doit leur permettre de le faire.
Matérialiser les parcours utilisateurs et formaliser les spécifications fonctionnelles permet de réduire les zones d’ombre, de détecter les incohérences plus tôt et de créer un langage commun entre les métiers impliqués dans le projet.
Avant de dessiner les écrans, il faut donc dessiner l’expérience.
C’est cette phase de conception, souvent invisible pour l’utilisateur final, qui permet ensuite de construire une web application plus claire, plus cohérente et plus solide.